Malgré la sueur qui perle au front, malgré la langueur moite de la nuit, malgré les rougeurs et brûlures en tout genre dues au soleil, malgré les horreurs en shorts et sandales orthopédiques allemandes, voire en mini jupe exposant cellulite et bronzage approximatif autour du maillot et faisant penser à une vache normande affublée de couleurs voyantes, on est quand même bien content de revoir l’été.
L’été, c’est la saison où le prolétaire gai comme un pinson s’en va un peu oublier la machine à laquelle il s’est lui-même enchaîné pour aller tester dans les embouteillages de l’autoroute sa nouvelle voiture surchargée afin de savoir si oui ou non elle chauffe autant en direction du sud sur la route des vacances qu’en direction de sa gare de banlieue le matin sur le chemin du travail.

C’est la période bénie où l’on se fait un break afin de mieux y entasser tous les gri-gri (pastis, boules de pétanque, bouées gonflables, serviettes de plages chamarrées à faire vomir un caméléon et j’en passe) indispensables à des vacances réussies.
C’est le moment joyeux où les métros se vident et les plages se surpeuplent. La queue est moins pénible au soleil, paraît-il. Où l’exaltation de griller de manière synchrone autour du même calorifère perché là-haut dans le ciel ne fait plus penser aux vieux qu’on abandonne dans des mouroirs entassés autour de l’unique climatisation de la maison de retraite et qui peuvent ainsi goûter aux joies de la surpopulation dans la salle de télé entre Derrick pour dormir et le Tour de France pour voyager un peu.












