« Tourne à droite ! », « qu’est-ce que tu attends pour doubler ??? nooooooooooon, pas maintenant, y’a pas de visibilité… », « Mets tes essuie-glaces, on voit rien, non !!!!!!!!, ça c’est les phares », « Freeeeeeeeeeeeeiiiiiiiiiiineeeeeeeeeeeeeeeee »…
Il faut bien l’admettre, quand la fille conduit, le gars fait encore plus de commentaires que le GPS. Dom Dom vs. Tom Tom. Avantage au premier. Battu à plates coutures, l'engin électronique.
Pourquoi le gars ne peut-il pas profiter du paysage, de la musique de fond, de la carte routière, même, pendant que la fille est au volant ? et ce, en silence ?
La fille s’est donc renseignée. Il paraît que ce n’est en aucun cas du machisme. Le gars veut bien concéder le volant de son char préféré, mais il fait savoir qu’il est à la place du mort. Du mort... doté d’une langue. Pas cliniquement mort, donc.
Qui plus est, le gars a lu dans Auto Plus que le proverbe « femme au volant, mort au tournant » est une vaste fumisterie. Il connaît les chiffres. Les femmes ont moins d’accidents, moins de retraits de permis, font moins de blessés.
Alors pourquoi flippe-t-il ?
Certes, récemment, vous avez calé en pleine côte... mais c’était parce que le talon de vos Manolo Blahnik avait eu la très mauvaise idée de se prendre dans le tapis.
Certes, vous avez très légèrement éraflé tout le côté gauche de son char préféré, mais ni vu ni connu, vous avez trouvé chez Marionnaud un vernis à ongles ton sur ton avec la couleur de la carrosserie – superbe, la dernière collection Chanel, même si bizarrement le gris souris ne porte pas le numéro 307 HDI – et le gars n’a rien remarqué.
Interrogé – pas questionné non plus, l’Inquisition vous réservez ça aux retours trop tardifs à la maison avec vapeurs de houblon et air éméché -, le gars a répondu qu’il ne supporte pas de ne rien contrôler. Qu’il n’a rien à faire sinon changer le CD ou couper la clim’. Certes il pourrait contrôler son bronzage ou sa coupe de cheveux dans le miroir de courtoisie, mais a priori il a été installé pour les raccords maquillage des filles. Il demande si on préfèrerait qu’il récite le rosaire. Vous lui répondez que le mieux serait qu’il soigne son syndrome moniteur d’auto-école. Même votre inspecteur lors du passage de permis était mieux disposé à votre égard. C’est dire.
Le pire restant quand le gars fait mine de freiner d’urgence, avec les pieds qui appuient sur une pédale virtuelle et le visage qui se crispe à peu près autant que celui du mannequin des crash-tests.