Non ! malgré mon patronyme, je ne suis pas pied-noir ! (et je ne permets à quiconque d'émettre le moindre doute sur mon hygiène corporelle pédestre de surcroît…)
Mais ma jeunesse se passa souvent parmi cette communauté et j'avoue m'y être même parfois baigné (sfenj, si tu nous écoutes !)...
Roland Bacri, Edmond Brua, Lucette Sahuquet, Robert Castel, René Cousinier, Marthe Villalonga, notre regretté Guy Bedos (comment ça, il n'est pas maure ? ah… il est "devenu Corse"…), Roger Hanin, Enrico Machiasse, Patriiiiiiiiiiiiiiiiiick Bruel et même mon ex belle-mère chantent à mon oreille et me parlent d'un soleil inconnu et d'un pays "où c'que les gambas, elles étaient plus grosses".
Voici donc quelques pages éparses fleurant bon je l'espère la Méditerranée…
Episode one : "tu vois le cimetière de Bône, envie de mourir y te donne !".
"En ce début d'été, monsieur Tassy, ancien comédien, tenta de relever le niveau culturel du public de son théâtre de Bône (Algérie) en organisant un festival Shakespeare. De toute la Colonne, les spectateurs affluèrent pour voir " le chat qui expire ", comme ils disaient. Et ce soir, le festival commence par la représentation d'Othello, une tragédie.
Mêlons-nous au peuple qui occupe le haut de la salle, le poulailler, d'où l'on domine la scène et les spectateurs assis confortablement dans des fauteuils. Certains spectateurs tiennent un panier contenant des carmousses, des tomates, des figues de barbarie et même quelques melons bien mûrs. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, ces victuailles ne sont pas là pour satisfaire une petite faim mais pour servir de projectiles et accompagner les huées au cas où les acteurs et le scénario ne correspondraient pas à l'attente des spectateurs. Et c'est le cas ce soir dans cette tragédie qui va se transformer en farce bônoise.