William Klein
Pourquoi aimer William Klein ? sans doute parce qu’il est né à New York, je n’en sais rien en fait. Comment expliquer les évidences ?
On peut essayer en tout cas.
Parce qu’il a l’art de la photo ratée : les contrastes peuvent être forcés, les lignes floues, déformées, décadrées, parce qu’il aime aussi foirer les développements et jouer de tous ces pseudo défauts.
Parce que 1956. New York – l’Amérique de Roosevelt, de James Dean, de Caroll Baker mais aussi celle qui, enfin, confirme l’abolition de la ségrégation raciale dans les universités publiques – est son premier terrain d’expérimentations, sa cour d’école et des grands. 1956, parution de « New York », coup de force graphique et coup de poing, depuis livre culte.
Un journal de son retour dans la ville de son enfance, après quelques années européennes, - même s'il vit depuis à Paris - et, selon les termes mêmes de Klein, un livre « maquetté comme une bande dessinée, avec parfois vingt photos à travers la page ». Une révolution qui double le pop art. Un album donc, en quelque sorte, qui choque, ne sera pas alors publié aux USA mais en France, au Seuil par Chris Marker.
Parce qu’il joue du mélange des genres, n’est jamais où on l’attend, ce que je préfère sans doute chez un artiste. Longtemps étiqueté photographe de mode, avec un certain mépris, aujourd’hui exposé partout, même dans les musées américains, selon cette science sans conscience de la rétrospective qui honore toujours ce qu’elle a loupé en son temps.
Parce que Qui êtes-vous, Polly Magoo ? (1966)
Parce que son portrait du mythe Gainsbourg
Parce qu’il pose un regard fabuleux sur les femmes
et plus généralement sur le monde :
esthétique,
mais aussi engagé,
toujours décalé,
© Lori