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Véliberté, égalité, fraternité - Les interviews de Bobo Loyer (4) : sur un Vélib’.

Bobo est un reporter de l’impossible. En pleine arrivée du Tour, il a décidé de se refaire la Grande Boucle à sa façon sur les Maréchaux, juché sur son Vélib’, histoire de rentabiliser son abonnement en allant interviewer l’homme de la rue qui se meut sur deux roues moyennant 29 euros par mois. Avec une seule idée en tête : questionner le pèlerin mystique en quête de véliberté.

 

 

En chemin, il a donc rencontré ces nouveaux échangistes à vélocipède, les Vélibistes, les Vélibards, les Vélibertins… Voire les Vélibobos de son acabit.

 

 

-           Bonjour Monsieur, je réalise une enquête pour mon journal, je vois que vous êtes utilisateur du Vélib’, vous devez donc faire partie des 94% de clients satisfaits ?

-          Sûrement pas, chaque fois que je me pointe à une borne, je tombe systématiquement sur un dont la chaîne a sauté, ou dont les freins sont pétés, quand ce ne sont pas deux pneus crevés… Ou la station qui est pleine… quand je veux poser mon vélo… ou vide, quand je voudrais en louer un…

-          Moi, je n’ai jamais ce genre de souci, je le prends en bas de chez moi. Je vais au bureau avec, je le dépose devant mon épicier bio à qui je demande de le surveiller. Et hop ! Je le récupère le soir. Fantastique.

-          Mais comment être sûr que c’est le même ?

-          J’y ai collé un sticker « Non aux OGM » que m’a donné José Bové un jour de cours de jardinage dans l’Aveyron. je l’adore, ce sticker. C’est un collector. On dirait un smiley de MSN. Mais avec les moustaches de José.

-          C’est original.

-          Et vous faites quoi comme trajet ?

-          Le plus souvent, c’est de mon domicile jusqu’à la fac, et puis pour rentrer le soir, après une virée rue Oberkampf…

-          Ça roule bien à cette heure-ci ? Parce que souvent, avec tous ces embouteillages…

-          Ben, vers 2 heures du mat’, le plus dur, c’est plutôt de monter sur le vélo et d’y rester. Mais une fois lancé, ça le fait.

-          Moi, j’adore le Vélib’. Je peux dépasser les conducteurs de voitures comme je veux et quand je veux. Pendant qu’ils sont plantés aux feux rouges comme des aigrettes dans la vase. Pendant qu’ils téléphonent au volant, ou qu’ils s’engueulent parce que j’ai grillé la priorité à l’un qui est rentré dans l’autre…

-          Mouais…

-          Et puis, avec cette nouvelle loi sur les gilets de signalisation, ça va devenir enfin supportable, on va pouvoir repérer les piétons de loin. L’autre jour, j’en ai encore évité un de très peu.

-          Sauf votre respect Monsieur le journaliste, les gilets jaunes c’est pour mettre lorsque l’on sort de la voiture. Tous les piétons ne sont pas concernés…

-          Ah bon ? Je me disais aussi que ce n’était pas le genre de Lagerfeld de faire dans le prêt-à-porter… Au début, j’ai même cru qu’il voulait faire concurrence à Christian Lacroix dont tout le monde n’arrête pas de parler. C’est donc pour ça…

-          Vous êtes à la pointe de l’info décidemment.

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Dernière mise à jour de cette rubrique le 28/07/2008
© Christine Marcandier et Dominique Bry - 2008 – Tous droits réservés – Reproduction interdite sans accord des auteurs.