A quoi servent les accents ?
Selon mes étudiants, à rien. Ils n’accentuent plus les mots, ça me rend folle…
Pourtant les accents sont utiles, très utiles…
Ils rappellent que le lâche est aussi sinueux que l’étymon de son accent, qu’hélas n’est pas toujours Grec, font sonner le « hé, collègue ! » ou le « empéguer » de Marseille…
Ils impriment un rythme : l’aiguë marine de l’été
Ils servent de toise, comme dans croître
Rendent aigu le désir du verbe « déshabiller »
Ils protègent du soleil : comment rester pâle sans le circonflexe, légère ombrelle ?
Avouent, muets, qu’une repartie est bien plus qu’une réponse
Que désunir, c’est bien empêcher d’être de(ux)
Qu’un câlin n’est pas un alliage d’étain et de plomb
Et écrire circonflèxe ce serait vraiment grave… pourquoi pas circo(r)nflakes ?
Mais j’admets, comme au joli mois de mai, que ‘l’infini n’a pas d’accent’ et avoue un vrai penchant pour la direction de l’aigu.
© Lori - janvier 2008
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