Une exposition à Caen, « L’un pour l’autre, les écrivains dessinent », croise dessins et écriture. Ou plutôt, elle met au devant de la scène Rimbaud, Malraux, Flaubert, Baudelaire, Guibert, non pour leurs œuvres écrites mais pour leurs dessins.
On connaît des auteurs ayant quitté l’espace scriptural pour celui de la représentation : Hugo ou Cocteau, par exemple. Ou Robbe-Grillet. Mais d’autres ont collé, peint, dessiné. Et pas seulement les surréalistes (Eluard) ou les dadas (Tzara).
"L'un pour l'autre" expose une transversalité féconde entre les pratiques artistiques, refuse la hiérarchisation des genres : le projet est attirant.
L’un des instigateurs de l’expo, l’éditeur Pierre Belfond explique avoir commencé une collection de dessins d’écrivains en 1975. Parti acheter un dessin automatique d’André Masson chez Drouot, il est revenu avec des dessins de Proust, peu onéreux, mais « sous les sarcasmes du commissaire-priseur », se souvient-il.
Le second instigateur de l’expo, le plasticien Jean-Jacques Lebel, dit avoir eu envie de montrer « un point de vue atypique sur des œuvres d’écrivains que l’industrie culturelle (…) a laissées pour compte et reléguées dans la catégorie des curiosités sans pertinence ».
Curiosités sans pertinence. Le terme même donne envie de se rendre dans la Grange aux dîmes et de découvrir ces dessins et collages, dus à des signatures prestigieuses, mais non reconnues pour ces vagabondages. Longtemps considérés comme des gribouillages.
1. Nadja Le 30/01/2008 à 13:35